Consommateur converti

En ce samedi matin, je sirote négligemment un café au restaurant du coin, tout en jetant un coup d'oeil distrait sur le journal présentant des "nouvelles" parues hier à la télé. Soudain arrive dans le stationnement une camionnette affichant en guise de réclame commerciale: "Les meilleures fenêtres en ville". N'ayant pas de fenêtre à changer, je suis cependant attiré par cette réclame probablement "home made" qui ne laisse en rien présager un artisan meilleur parmi tous les meilleurs qui s'annoncent.

En fait, ce n'est pas tellement l'annonce qui retient mon attention mais plutôt les ouvriers qui tout à coup descendent de la camionnette : un homme en habit de travail, sa conjointe et trois jeunes enfants. Tous joyeux, ils s'engouffrent dans le restaurant jusque là relativement silencieux.

Malgré moi, j'entends la conversation de cette petite famille assez vivante pour découvrir que les parents ont décidé d'amener les enfants "au restaurant" pour déjeuner, avant d'aller acheter des souliers pour l'été qui s'annonce. Chacun des enfants exprime ses désirs alors que la mère songe sans doute qu'il faudrait encore "plusieurs fenêtres à installer" pour satisfaire tout son petit monde! J'aurais bien aimé les suivre au magasin de chaussures pour voir la suite, mais ma tasse de café était vide.

Je les ai laissés autour de leur jus d'orange tout en regrettant de n'avoir pas de fenêtres à changer!

En réalité cet ouvrier et sa famille ont peut-être changé certaines fenêtres de mon coeur: de consommateur supposément averti, je suis devenu un consommateur converti, car si certains hésitent à partager leur argent, d'autres n'hésitent pas à partager leur amour...