Autres temps... !

bebe        Il y a vingt ans, à la question: "Qu'est-ce qui est le plus proche de votre bébé vingt-quatre heures par jour?", on aurait répondu sans hésitation: "C'est sa mère!" Aujourd'hui, si on en croit une certaine réclame commerciale, il faut répondre: "C'est sa couche!"

     Autrement dit, jadis l'enfant était "sujet" de notre affection continuelle; aujourd'hui il est devenu "objet" de notre protection anti-fuites, en attendant de prendre vraiment la fuite à le recherche d'une affection qu'il ne trouvera peut-être pas et qu'il compensera à sa manière.

   Je proposerais que les nombreux fabricants de couches investissent le quart de leur budget publicitaire dans des organismes de prévention du suicide, fuite ultime de nos jeunes qui détiennent en ce domaine le record peu enviable de la désespérance... Et si les parents se rapprochaient autant de leurs jeunes que leurs fameuses couches, peut-être qu'ils se sentiraient moins rejetés par une société habituée maintenant non plus au "prêt à porter", mais au "prêt à jeter".

        Que l'on dispose de diverses manières de couches jetables, cela regarde les environnementalistes et les "écolos". Mais que l'on fabrique des enfants jetables autant que les couches qui les enveloppent, alors rien ne va plus! Nos "bacs de récupération sélective" pour adolescents en difficultés s'avèrent des tentatives louables, mais le plus souvent inefficaces. On a beau en changer les formules, rien ne peut remédier au manque d'affection de l'enfant en bas âge.

Alors, je ne raille pas: c'est notre société qui déraille...

       Mais malgré toutes nos folies, il existe heureusement encore des enfants quis savent rire de nos réclames imbéciles... Écoutez-le   ->