Fin de course


Il y a quelques semaines, lors d'une course d'endurance, un coureur de marathon s'est écroulé à quelques mètres de la ligne d'arrivée, foudroyé par un arrêt cardiaque. En attente d'une gloire humaine, il est monté sur un podium tout autre que celui qu'il convoitait: celui de la gloire du Père. J'admire ce jeune homme mort en pleine action, essayant de se surpasser lui-même, alors que tant d'autres choisissent de quitter notre terre en pleine désespérance.

L'événement a évidemment fait la manchette des médias et nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur le sens de cette vie trop brève. Qu'un vieillard meurt, on peut toujours dire qu'il "a fait son temps" et que de toutes façons la vie a une fin. Le problème, c'est qu'on ne sait jamais quand ni comment.

Devant ce départ surprenant, il me revenait à la mémoire une citation que l'on voit parfois sur des cartes de sympathies:

                        "Ne pleurez pas la vie que je termine...
                              Regardez la vie que je commence!"

Pour l'athée, l'athlète a été victime de son destin, de ce qui était écrit sur sa feuille de route et il a tout simplement dépassé ses capacités. Pour l'âme religieuse, Dieu le tout-puissant vient nous donner un message: Dieu donne, Dieu reprend; il a sans doutes ses raisons que l'on ne connaît pas, mais c'est lui le grand maître. Enfin, pour le chrétien Dieu n'est pas dans le coup, lui qui a lutté toute sa vie contre le mal sous toutes ses formes. Il laisse à ma liberté le soin de tirer des leçons des faits, mais il n'en est pas l'auteur. Il respecte trop ma liberté pour être l'artisan de mes malheurs, si mourir en est vraiment un...

Et moi, derrière la vie, devant la mort, qui suis-je !