Tous malades!
Notre société décrète à différentes époques de l'année une journée de sensibilisation à un aspect de la vie collective et invite la population à entrer dans un mot d'ordre proposé. Ainsi, à la journée des non-fumeurs, on demandera à tous de vivre une "journée sans fumée". Chaque année, le 11 février est déclarée la "Journée des malades". Donc, le mot d'ordre serait logiquement:
"Soyons tous malades!"

L'idée n'est pas tellement saugrenue. Certes nous devons en cette journée spéciale penser à tous nos malades, alités ou pas, et essayer de leur apporter un peu de réconfort physique et moral. La souffrance ne se partage pas, tellement elle est personnelle et marquée d'un caractère individuel. Mais nos malades souhaitent simplement une présence empathique, le plus souvent silencieuse et respectueuse du mystère. Un geste d'amitié, une délicatesse, une simple fleur expriment souvent de façon symbolique des sentiments qui ne se verbalisent pas facilement.

Mais, en cette journée bien spéciale, devenons "Tous malades!" et essayons d'identifier nos déficiences, car nous sommes porteurs de carences:

insouciance, arrogance, intolérance, manigance, nonchalance, négligence, malveillance, médisance, suffisance, absence, ingérence, imprudence, violence, virulence, intempérance, incroyance, indifférence, jactance, outrecuidance, etc-étérance!
Pour éviter la redondance, je me contente de mentionner seulement cette famille anaphorique de maladies humaines.
En cette "Journée des malades", pensons à leur apporter un témoignage de notre amitié, en n'oubliant pas nos propres déficiences:

"Médecin, guéris-toi toi-même" Lc 4, 23