Effritement...
   Selon les psychologues de tout acabit, les deux pulsions fondamentales de l'être humain sont l'instinct de reproduction et l'instinct de conservation.

     Passons pour la reproduction ! On n'a qu'à regarder avec quel débridement la sexualité règne en maître et cet instinct primaire est bien loin de s'éteindre. Mais son ultime destinée est inversée et la dénatalité devient un phénomène marquant dans nos cultures occidentales dites "civilisées". C'est à n'y rien comprendre... Nous, qui prônons la productivité et le rendement, nous assistons à la dénaturalisation de cet instinct primaire au profit de l'hédonisme...


  Et la conservation! Jadis l'être humain luttait farouchement pour "sauver sa peau". Dans des situations désespérées, on l'a même vu manger des herbages infects, des pourritures, voire des cadavres, pour survivre. C'était vraiment le "struggle for life" dans toute la force de l'expression. Cet instinct primaire se manifeste heureusement encore dans les recherches médicales qui font reculer les frontières de la maladie et de la mort. Mais parallèlement nous assistons au phénomène désorientant des suicides individuels et collectifs. Le "goût de vivre" est décidément à la baisse, malgré le haut niveau de vie. Sommes-nous en face de l'effritement de la personne humaine dans ses fondements psychologiques les plus primaires?

   Un instinct est une pulsion naturelle inscrite dans la génétique même, moralement neutre, c'est-à-dire ni bonne ni mauvaise, et demandant à être dirigée par des valeurs supérieures. Mais où sont ces valeurs, et de quelles natures sont-elles...?
   Le "Cogito, ergo sum - Je pense, donc je suis" de Descartes serait-il en voie d'extinction ?
Plus l'homme dé-pense, moins il existe!

  Un autre philosophe célèbre nous donne peut-être la clé de l'énigme: "Moi je suis venu pour que les brebis aient la vie et l'aient en abondance" (Jn 10, 10). Le désir de Dieu est que l'homme soit dévoré par le goût de vivre, et qu'il transmettre cette vie en abondance, sous toutes ses formes.

    Freud ou Jésus...?
Je veux bien m'inspirer des deux, mais en mettant le dernier en premier!