On s'en va-t-y chez l'diable?
On abolit des paroisses par manque de curés; on vend des églises par manque d'argent; on ferme des couvents par manque de relève; on sort la religion des écoles par manque de foi; on ne baptise plus par manque de bébés; on ne marie plus par manque de couples; on ne va plus à l'église par manque de temps; on  enterre encore des vieux, mais ça en fait chaque fois un de moins.
On s'en va-t-y chez l'diable?

La Constitution pastorale "Gaudium et Spes", sur "L'Église dans le monde de ce temps" est l'un des documents les plus importants du Concile Vatican II. Elle commence par ces mots: "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur".

Je crois que l'évolution actuelle de notre Église, loin de nous conduire "chez l'diable", nous rapproche au contraire d'un Christ qui montrait une affection spéciale pour les "pauvres de coeur". Nous sommes en train d'abandonner nos pouvoirs triomphalistes en même temps que nos structures rigides et plusieurs de nos temples, pour devenir en acte ce que le Christ nous a demandé d'être: "Le levain de l'Espérance dans la pâte d'un monde en recherche."

"Chaque génération a l'insolence de penser qu'elle est l'accomplissement ultime de l'Histoire 
et qu'un déclin inévitablement s'en suivra."
David Greenberge