Grandeur du vide

Ça y est! Je suis perdu.

Jamais je ne pourrai arriver à quoi que ce soit, tant je suis faible.

L'essentiel, je le perds de vue comme on perd de vue un ballon qui s'élève dans les airs pour ne plus être qu'un point noir jusqu'à ce qu'on le perde totalement de vue. Et pourtant, je sais que je suis plus près que jamais de Toi, Seigneur l'Essentiel, tant je suis obligé de m'avouer vaincu et que ce n'est qu'au perdant que Tu te révèles vraiment.

J'ai tout ce qu'il me faut entre les mains, c'est-à-dire "rien". Et ce n'est pas facile d'arriver à le déposer, ce "rien", dans l'espace divin. Je me demande si j'arriverai toujours à remettre ma pauvreté à Dieu. Je pense même recourir à Lui pour pouvoir m'en remettre à Lui.

Seigneur, j'ai besoin de Te parler à Toi. Je ne sais même pas quoi Te dire. C'est infiniment pauvre ce que je suis et j'arrive même très difficilement à Te le confier. Mais je m'en remets à Toi de ne pas savoir m'en remettre mieux que cela. Ça laisse comme un gros vide, même après T'avoir donné tout cela.

Il me semble que ça n'est pas possible de vivre bien longtemps si pauvre, et c'est bien aveuglément que je Te confie tout ça.

Mais j'ai confiance que Tu vas venir me prendre pour en faire ce que Tu veux.                                                 (Extrait du journal d'un sidéen)