Abracadabra!

Si vous me dites: "Maître, il semblerait que vous ne fussiez grandement sage de nous écrire ces balivernes et plaisantes moqueries", je vous réponds que vous ne l'êtes guère plus de vous amuser à les lire." François Rabelais

    À la Renaissance, le moine-curé-médecin Rabelais écrivait des histoires abracadabrantes dans le but de guérir ses patients par la "dilatation de la rate", c'est-à-dire le rire. Mais rire de soi-même, voilà le défi lancé par la caricature face à l'orgueil... On connaît d'ailleurs l'engouement actuel du public pour les humoristes qui tentent, chacun à sa façon, de réaliser la devise de la comédie: "Corriger les moeurs en riant". (Santeul). Ils sont peut-être les meilleurs psychologues populaires de notre époque stressée.

     Pourquoi faut-il devenir "tristement sérieux" lorsqu'il s'agit de promouvoir les valeurs chrétiennes. Pourquoi faut-il également avoir peur de dénoncer les torts de notre société et de notre Église...? Les pages d'Évangile ne nous présentent-elles pas un Jésus très critique et humoristique, surtout avec les fameux pharisiens!

         Je m'amuse à regarder très "spirituellement" nos discours et nos modes d'agir. Et j'ai ri... j'ai ri de voir combien on se prend très au sérieux devant des problèmes parfois mineurs et que trop souvent on passe à côté du vrai problème:

 Se changer soi-même en ne se prenant pas trop au sérieux.

       Quel que soit le rail que j'emprunte, il y a toujours place pour la caricature et je m'amuse beaucoup: je raille parfois effrontément et il m'arrive même de dérailler malicieusement! C'est le risque d'un voyage que j'adore, tant que je ne serai pas aiguillé sur une voie d'évitement...

        Quant au lecteur éventuel jouissant des "droits de sa personne", il n'a qu'à faire selon l'expression de nos savants sociologues: "se positionner face à la problématique de la thèse, hypothèse ou synthèse proposée", quitte à en perdre sa prothèse intellectuelle!

"Ayons le courage de regarder en face ce qui se passe dans notre dos..."
                                                                                                                                                       Claude Gagnière