Tout passe...
      Au soir d'une année, l'expression nous vient spontanément à l'esprit et aux lèvres: " Tout passe ".

      Plus on avance dans la vie, plus on s'aperçoit que tout passe. Que tout est passé. Les événements que nous avions craints : ils sont passés. Les périodes difficiles entrevues : elles sont passées. La mort ellemême: elle a passé, et elle pense que tout passe. Et qu'il faut s'accrocher à l'essentiel, toujours. Au-delà de la mort même. Tout le reste compte bien peu, s'il nous empêche de rester rivé à Celui qui ne passe pas.

      Il est curieux de contempler les journées de nos vies. De voir que nous les meublons de nos craintes. Nos peurs. Nos anxiétés. Un de mes amis médecin me disait un jour que 85% des gens souffrent de maladies qu'ils n'ont pas. Le journal révélait, il n'y pas longtemps, que 40% des événements prévus, et craints, n'arriveront pas. 30% sont déjà passés. Qu'au bout de la ligne, à peine 8% méritent un peu de notre nervosité. Et encore!
  
       La levée du rideau sur une année nouvelle nous invite à ajuster nos perspectives. Avons-nous raison de vivre comme si nous devions être terrassés par l'épaisseur d'un sombre horizon? Est-ce raisonnable de craindre à coeur de jour la menace des moindres contrariétés? Comme si un chrétien devait tellement redouter ce qui, en fin de compte, est destiné à passer. Les pages de l'Évangile sont un souffle d'air frais et pur pour âmes angoissées. La révélation d'un Père qui nous aime éperdument et nous enveloppe de sa tendresse et de sa miséricorde, le compagnonnage d'un Jésus à la fidélité inlassable: voilà ce qu'il nous faut contempler pour donner une juste dimension et leur vraie portée aux événements qui rempliront l'année qui vient.

      Quelle extraordinaire résolution ce serait que de se décider à se river à l'essentiel. À ce qui ne passe pas. Ou plutôt à Celui qui ne passe pas. Les jours de l'année pourront bien passer. Nous pourrons bien vieillir un peu. Mais nous conserverons l'éternelle jeunesse du disciple de Jésus qui est déjà dans la vie éternelle.

     Et le Dieu de l'espérance nous donnera la Joie qui ne passe pas. Parce que Dieu sera au coeur de nos vies.
                                                      Jean-Guy Hamelin