À pas de chien!
" Plus je connais les hommes...
    Plus j'aime mon chien! "
auteur inconnu

Mon chien est laid et fou.

Laid

parce que c'est un vrai chien de race: il en possède au moins trois. Croisement probable entre un coyote et un lièvre, son pelage tirant sur le " poivre et sel " ressemble à du poil de sanglier. Très alerte et nerveux, il gambade constamment dès qu'il aperçoit un visiteur et l'accueille de sa voix de stentor. Sa queue est mal tournée et je crois qu'il possède 27 côtes au lieu de 26.

Fou

parce qu'il ne sait pas marcher en laisse, s'étouffe constamment avec son collier étrangleur, ne tolère aucun passage humain devant la fenêtre, demande à entrer dans la maison en défonçant le moustiquaire de la porte-patio, descend les escaliers quatre marches à la fois et a la manie de venir mettre son museau entre mes deux yeux au son de mon réveille-matin.

Mais

comme tout être canin —j'allais dire " humain "—, il a aussi des qualités. D'une douceur remarquable avec tous, il se laisse tirer la queue par les enfants, vous regarde avec les yeux d'une vache suppliante, et demande sa période de jeu régulièrement. Excellent compagnon, la seule chose qu'il déplore est la sédentarité de son maître. Aussi a-t-il décider récemment d'y remédier d'une façon drastique.

N'écoutant que ma responsabilité de bon maître, je décide de prendre une marche dans le parc voisin avec mon compagnon. Comme je ne marche pas à son rythme, il tire constamment sur la laisse et s'étouffe. J'ai beau le supplier sur tous les tons, rien n'y fait. Reste alors une solution: " Tu veux marcher vite, alors... allons-y! " Et voilà le maître " au pas de chien ", assez proche du " pas de course ". Jamais je n'ai vu ma bête plus heureuse.

Cependant au retour le maître avait la langue pendante, plus longue que celle de son chien; mais l'animal jubilait parce qu'il venait de lui faire réaliser une chose importante:


  On peut toujours apprendre de plus bête que soi!


Wouf!