Âneries dans l'écurie
Colloque entre trois ânes, saisi à 11 heures du soir
dans l'écurie adjacente à une auberge de Jéricho ...
    Âne no 1
"On a voyagé passablement aujourd'hui. Mais je n'ai pas tellement aimé la route désertique venant de Jérusalem. C'est rempli de voleurs. D'ailleurs on a croisé un pauvre type par terre, probablement attaqué et dépouillé par cette racaille. Mon maître, prêtre de Jérusalem, n'a pas voulu s'arrêter, trop occupé à lire ses textes savants et probablement mort de peur. Moi non plus, je n'étais pas très brave!"

    Âne no 2

"Ça alors! On a dû passer par là quelques minutes après vous-autres. On a bien vu le gars qui se lamentait par terre. Je crois même qu'il était blessé. Mon maître, pourtant agent de sécurité au Temple, m'a dit qu'il ne connaissait rien en premiers soins et m'a fait marcher plus vite, pressé de quitter les lieux."

    Âne no 3

"Je vois qu'on a fait tous trois le même trajet aujourd'hui. Nous autres aussi on est arrivé près du pauvre type blessé. Mais mon maître, un gars du pays maudit de Samarie, en a vu bien d'autres! Il est descendu, l'a soigné et l'a même mis sur mon dos jusqu'ici. Le gars est actuellement dans l'auberge avec mon maître, qui s'en occupe. Le gars a été chanceux de nous rencontrer!"

    Ânes nos 1 et 2

"Ton maître est un bon diable et tu dois l'apprécier. Puisqu'il a ainsi daigné " descendre de ses grands chevaux " —on devrait dire: "de son grand âne!"—pour s'occuper ainsi d'un inconnu, sûrement qu'il doit être bon pour toi aussi ... Tu en as de la chance!

    Âne no 3

"C'est vrai que je suis chanceux, un peu comme le type blessé, car mon maître voit tout le monde comme quelqu'un proche de lui... Des types comme ça, c'est assez rare de nos jours!"

De nos jours, il y a moins d'ânes qu'autrefois mais il existe toujours des âneries et des âniers. Espérons qu'il y en a encore qui se sentent " proches " des blessés du chemin ...

Et toi, es-tu capable de
"descendre de ton  âne?"